Guides · 17 juillet 2026
Assurance décennale : obligations, coût et pièges pour l'artisan
Pas de décennale, pas de chantier : c'est l'assurance la plus structurante du métier — et l'une des plus chères. Encore faut-il être bien couvert : chaque année, des artisans découvrent en plein sinistre que leur activité réelle n'était pas celle déclarée au contrat.

Qui est obligé, et pour quoi
Depuis la loi Spinetta de 1978, tout constructeur — entreprise, artisan, sous-traitant compris pour sa responsabilité propre — doit être couvert en responsabilité décennale avant l'ouverture de tout chantier. Sont concernés les travaux qui touchent à la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : gros œuvre bien sûr, mais aussi couverture, étanchéité, menuiseries extérieures, électricité, plomberie encastrée…
La garantie court 10 ans à compter de la réception des travaux. Exercer sans décennale est un délit : jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement — sans compter que vous porteriez personnellement le coût d'un sinistre qui peut se chiffrer en centaines de milliers d'euros.
Combien ça coûte, et de quoi dépend le tarif
Pour un artisan, la prime représente généralement entre 1,5 % et 5 % du chiffre d'affaires selon le métier (le gros œuvre et l'étanchéité en haut de la fourchette, les finitions en bas), l'expérience, l'historique de sinistres et le chiffre d'affaires déclaré. Un plombier à 150 k€ de CA paiera souvent 2 500 à 4 500 €/an ; un maçon sensiblement plus.
La prime est intégralement déductible de votre résultat. Et comme elle est assise sur le CA déclaré à l'assureur, une déclaration annuelle juste évite les régularisations — c'est un point que votre comptable doit caler avec vos comptes.
Le piège n°1 : l'activité non déclarée au contrat
Votre contrat couvre des activités précises, nommées une à une. Le plombier qui pose du carrelage « pour dépanner », le maçon qui fait de la charpente : si l'activité exercée n'est pas au contrat, le sinistre correspondant n'est pas couvert — 10 ans de responsabilité sur vos fonds propres.
À chaque évolution de votre activité réelle (nouveau type de chantiers, nouveau savoir-faire), mettez le contrat à jour. Nous le rappelons à nos clients lors du bilan annuel : ce qui apparaît dans les factures doit correspondre à ce qui est déclaré à l'assureur.
La mention obligatoire sur vos devis et factures
Depuis la loi Pinel, vos devis et factures doivent mentionner votre assurance décennale : nom de l'assureur, numéro de contrat et couverture géographique. L'attestation à jour doit pouvoir être fournie au client — les maîtres d'ouvrage sérieux (et les banques qui financent les travaux) la demandent systématiquement.
Un logiciel de facturation bien paramétré insère la mention automatiquement sur chaque document. C'est le cas de TAYCOBAT, inclus dans nos forfaits, dont les modèles intègrent les mentions du bâtiment — décennale comprise.
Une question sur votre situation ?
Chaque cas mérite une analyse personnalisée. Le premier rendez-vous est offert : 30 minutes avec un expert-comptable qui connaît le bâtiment.
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